Certains amoureux s'allongent sur la pelouse d'un parc, d'autres squattent les bancs publics mais nous nous marchions. En vérité, c'est moi qui aimais marcher, lui il détestait mais je ne lui laissais pas le choix. Pour aller au cinéma, au lieu de prendre le métro, nous marchions pendant une heure et demi et à la fin du film, il essayait de me convaincre de prendre le métro. « Si tu veux me laisser rentrer toute seule à cette heure, vas-y prends le métro! » et il venait avec moi le pauvre. A l'ambiance glauque du métro parisien le soir, je préférais respirer le gaz carbonique mais au moins en regardant le ciel, la ville et ses lumières. (Petit ange me demandait ce que j'ai retenu de bien dans cette histoire, ben voilà)...
...Ou si il y avait d'autres moments. Quand il jouait de la guitare. Il avait appris à gratter des cordes sur le tas avec des copains qui lui avaient expliqué que la guitare était un accessoire efficace pour emballer les filles. Il me jouait des airs en chantant parfois. Il m'avait gavé avec « The sound of silence ». Si seulement cette chanson avait assumé son titre, mes oreilles n'auraient pas subi ce supplice. Mais il était tellement attendrissant quand il y mettait tout son coeur. Ses petites mèches se balançaient pendant qu'il jouait. Mes copines disent lorsqu'elles sont amoureuses : « Il m'apprend, plein de choses... O! il est merveilleux! ». Avec lui et l'indulgence que j'avais envers ses fausses notes, j'avais appris que l'amour n'était pas seulement aveugle, il était sourd aussi.