Samedi 19 Mai 2007
Le soleil réapparaît et mes orteils aussi. Le soir, entre deux problèmes de maths, je leur donne à coups de vernis transparent, la dignité de se découvrir sans complexes.
Immanquablement, les souvenirs s'invitent dans ma tête. Et les larmes coulent chaudes et rassurantes. Assise au bord du trottoir, après une journée de plage, je regardais le haut de ton crâne chauve pendant que tu donnais de douces tapes sur mes petits pieds au vernis écaillé. Les grains de sable collaient alors avec une infinie patience, tu les enlevais presque un par un. Tu frottais ma peau avec ta grosse main, ça me chatouillait. Mon pied s'échappait en même temps qu'un éclat de rire. Encore un bisou, Boussa 3la rjila ta3 benti, et tu me soulevais par les aisselles jusqu'à la voiture. Tu me pinçais la peau en refermant la boucle de ma sandale. Un aie! exagéré s'échappait de ma bouche. Et un bisou, ton bisou miraculeux effaçait tous mes bobos...

Papa, encore un bisou, juste un, pour effacer les bobos de mon âme...
publié par alkhansa dans: alkhansa

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