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Samedi 19 Mai 2007
Le soleil réapparaît et mes orteils aussi. Le soir, entre deux problèmes de maths, je leur donne à coups de vernis transparent, la dignité de se découvrir sans complexes.
Immanquablement, les souvenirs s'invitent dans ma tête. Et les larmes coulent chaudes et rassurantes. Assise au bord du trottoir, après une journée de plage, je regardais le haut de ton crâne chauve pendant que tu donnais de douces tapes sur mes petits pieds au vernis écaillé. Les grains de sable collaient alors avec une infinie patience, tu les enlevais presque un par un. Tu frottais ma peau avec ta grosse main, ça me chatouillait. Mon pied s'échappait en même temps qu'un éclat de rire. Encore un bisou, Boussa 3la rjila ta3 benti, et tu me soulevais par les aisselles jusqu'à la voiture. Tu me pinçais la peau en refermant la boucle de ma sandale. Un aie! exagéré s'échappait de ma bouche. Et un bisou, ton bisou miraculeux effaçait tous mes bobos...

Papa, encore un bisou, juste un, pour effacer les bobos de mon âme...
publié par alkhansa dans: alkhansa
Mercredi 16 Mai 2007

La gifle de l'air matinal froid met au diapason mon corps et mon esprit. Cette alliance est nécessaire pour affronter la journée.

Le métro est bondé mais il fait un silence de mort. Tels des hommes qui font la queue devant un bordel, on s'évite du regard. On ne veut pas montrer sa honte, son humiliation d'hommes qui pour assouvir l'irrépressible besoin de vivre acceptent une déchéance collective. Un enfant noir me fait cadeau d'un sourire radieux puis enfouit sa tête dans la poitrine de sa maman. Puis il recommence. Il m'arrache un sourire. Par crainte que ses magnifiques yeux ne sondent mon âme jusqu'à y dénicher ce chagrin enfoui, je détourne la tête.

Un jeune arabe, un moyen-oriental, je le jurerais, me fixe des yeux. Il a les mains calleuses; la peinture est mal nettoyé aux bouts de ses doigts. Un ouvrier du bâtiment sans doute. Son regard pesant me transperce et me met en colère. Que croit-il? Qu'espère-t-il en me toisant de la sorte? Soudain, je me mets à lui imaginer une vie. Une vie d'esclave travaillent peut-être au noir loin de ses attaches, loin de toute douceur féminine. Mon coeur s'adoucit. Juste avant de descendre, je lui souris de bon coeur. J'avais l'orgueil de croire que cette « sadaqa » apporterait un peu de bonheur à sa journée. Son regard passe très vite de la surprise à la joie.


Heureusement, je ne l'ai plus croisé sinon j'aurais été dans de beaux draps...

publié par alkhansa dans: alkhansa
Mardi 15 Mai 2007
7 heures du matin...

Mes paupières se soulèvent avec peine et me font apparaître mon monde tel que je l'ai laissé la veille, horriblement vide. Mon corps lourd réclame à mon esprit  les ressources nécessaires pour bouger mais mon esprit est ailleurs. Se débrouillant alors avec ses seuls réflexes, ma future dépouille se traîne jusqu'à la salle de bain.

Une douche qui ne me lave d'aucune souillure.

Un corps nu que j'entrevois en un éclair dans le miroir avant de détourner les yeux comme s'il nétait pas mien. Emmenée par des gestes que mes pensées ne contrôlent plus, je mets mon masque du jour. Quelques minutes, quelques produits chimiques sur les yeux, les joues et la bouche et me voilà  devenue la fille souriante et épanouie que les autres attendent.

Une nouvelle journée commence...
publié par alkhansa dans: alkhansa
Lundi 14 Mai 2007
De ton visage, je n'ai que des photos jaunies. De tes yeux clairs, je n'ai que le reflet des miens sur le miroir. De ta tendresse, je n'ai que la caresse de mes mains sur mes cheveux quand tu surgis dans mes pensées. De ton amour, je n'ai que la frustration d'en manquer... terriblement.
Quand je trébuche sur le chemin tortueux de la vie, ma douleur se fait plus lancinante par l'absence de ta main tendue. Je ne peux pas avoir de mauvaises notes parce que ta voix rauque érodée par la cigarette et ton regard sévère ne sont plus là pour me réprimander.
Quand dans l'obscurité de mes idées noires, la peur m'envahit, je fais de mon oreiller ton torse fort, musclé et doux pour y enfouir ma tête, et je m'endors....

Papa, tu me manques.
publié par alkhansa dans: alkhansa
Lundi 14 Mai 2007
Soulef, bientôt 21ans se dévoile sur dzblog depuis son exil estudiantin dans la grisaille parisienne.

Ce blog aura plus souvent l'humidité de mes larmes que l'éclat de mon sourire. Veuillez m'en excuser par avance.

Telle Al Khansa qui cherchait une autre raison aux larmoiements de ses yeux que cette maison qui s'est vidée, autant que faire se peut, je trouverai mille raisons à mon chagrin sauf la raison réelle.
publié par alkhansa dans: alkhansa
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